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Parler à la bonne vitesse pour être compris de tous

 

Débit contrôlé, variations de rythme et aller droit au but, les trois ingrédients clés d'un discours réussi?

 

Que fait instinctivement une personne qui s'adresse à un tout jeune enfant, ou à un interlocuteur dont elle ne parle pas la langue ? Elle s'efforce en général de parler lentement --et distinctement- pour mettre toutes les chances de se faire comprendre de son côté. A l'inverse, nous le savons aussi intuitivement, une personne qui adopte un débit de mitraillette est plus difficile à suivre qu'une personne plus posée. Un rythme modéré correspond mieux au fonctionnement de notre cerveau, qui peut ainsi capter et retenir davantage d'informations.

 

Les discours importants s'assortissent en général d'une élocution lente, car celle-ci donne aussi davantage d'impact à l'orateur. Lenteur et majesté : c'est ainsi que les chefs d'Etat, les dignitaires, les notables parlent avec componction …au risque d'endormir l'auditoire.

 

Car, c'est bien là toute la difficulté de l'exercice, si parler lentement est un atout, parler trop lentement est un risque. Qui ne s'est jamais ennuyé «à mourir » lors d'une cérémonie ponctuée de discours. De même, une histoire drôle racontée sans brio n'est plus drôle du tout ! On dit d'une conversation agréable qu'elle a été vive ou enjouée, alors qu'un échange poussif sera perçu moins positivement.

 

Le bon rythme, autour de 160 mots/minute

 

Alors, à quelle vitesse parler ? Une étude (Colas Rist, Université d'Orléans, 1999) montre que dans les médias grand public, le débit oral tend à se rapprocher des 200 mots/minute. Mais dans les reportages préenregistrés, le reporter sait que son temps est compté, il atteint 230 mots/minute. Beaucoup trop rapide pour être bien compris ! Jacques Chirac, quand il était président de la République, prononçait ses discours à la vitesse de 100 mots/minute. La préconisation est de parler à une vitesse entre 140 et 160 mots/minute.

 

Mais, l'impact d'un discours n'est pas lié à la seule vitesse d'élocution : la longueur des phrases, le rythme comptent aussi. Des phrases courtes rendent un discours plus dynamique, les phrases plus longues, les incises, les parenthèses, les digressions alourdissent. Poser d'emblée l'idée principale du discours et fournir ensuite les arguments est aussi un élément d'efficacité. Alors qu'à contrario, décrire d'abord le cadre et les attendus avant d'aborder l'idée principale ralentit considérablement l'impact du discours. C'est ce que l'on appelle la vitesse discursive.

 

Comment mettre cela en application dans vos prises de parole ?

 

- Adoptez la bonne vitesse. Difficile de savoir à quelle vitesse on parle naturellement, d'autant que le débit du discours peut changer, comme on l'a vu, selon les circonstances. Un petit entraînement n'est jamais inutile. Avant une prise de parole importante, rédigez votre texte, et prononcez-le à haute voix comme vous si étiez « en situation » et minutez-vous. Maintenant, en divisant le nombre de mots (facile à connaître grâce aux traitements de texte) par le temps que vous avez passé à parler. Au-dessus de 160 mots/minute, parlez plus lentement…ou raccourcissez votre texte !

 

- Entrez tout de suite dans le vif du sujet. Pour retenir d'emblée l'attention de l'auditoire, ne tournez pas autour du pot. Une fois votre idée principale exposée et le public ferré, car sachant de quoi il retourne précisément, vous pourrez dérouler tranquillement votre argumentation.

 

- Bannissez les phrases compliquées. Restez simple dans l'expression. Privilégiez les phrases courtes, sans subordonnée, supprimez les incises, les parenthèses et autres circonvolutions inutiles. C'est ainsi que même en parlant lentement, vous parviendrez à donner du rythme et de l'énergie à vos propos.

 

par Béatrice Madeline